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RÉGINA DEMINA

C’EST SOMBRE ET C’EST BEAU

REGINA DEMINA

LABEL Kwaidan
AGENT Thomas LEFRANCOIS
PRESS REVIEWS

Il semble impossible qu’en réalité (c’est-à-dire le temps et l’espace tel que nous le percevons), il n’existe qu’une seule Regina Demina. Sinon, comment cette artiste autodidacte, qui allie le touche-à-tout à l’être-partout, aurait-elle déjà réussit à produire un tel corpus, qu’elle continue à dérouler sous nos yeux de façon aussi multiforme ?

Si cette théorie tient la route, on a déjà réussi à rencontrer au moins deux de ses alter-ego, la première fois dans les bureaux de son nouveau label, Kwaidan, sous lequel se matérialisera un premier EP, LÉté meurtrier. Aussitôt avions-nous établi les grandes lignes du projet qu’elle produit de son sac une petite pierre tombale, de la taille d’un iPad, sur laquelle était inscrit en lettre dorées le nom de l’EP (qui sera suivi d’un premier album, Hystéries). Le projet était déjà donc bien sur les rails, du moins dans la mesure où il s’insère de la façon la plus naturelle dans l’univers de la jeune interprète-danseuse-réalisatrice-plasticienne-mannequin-et-on-en-oublie.

Nous avons donc discuté de la quincaillerie qui fait la biographie d’artiste bien alléchante : ses origines (ses parents étaient des réfugiés politiques ukrainiens exilés en France, où elle a passé son enfance dans un flou juridique la laissant sans nationalité fixe), les collaborations qu’elle a collectionnées au cours d’une jeunesse passée dans la nightlife parisienne, le casting sauvage qui fit d’elle une égérie (et pourquoi pas), son passage au Fresnoy – Studio national des arts contemporains , et cette rencontre fortuite avec Marc Collin, avec qui elle développe depuis de nouveaux morceaux, à ses productions solo au sein du collectif MusicForEggplant.

C’est lors d’un deuxième entretien, dans un café du 10e, que nous avons pu creuser le mystère. Il s’avère que le passage au Fresnoy (en somme, un paradis pour les technophiles de l’audiovisuel) fut révélateur pour l’artiste. C’est lors de la réalisation de son projet final, ALMA, un spectacle sonore et lumineux sans acteurs, que Regina réalisera surtout que son intérêt premier, c’est raconter des histoires, peu importe le média et les moyens : « pour moi, ce n’est pas si excitant de gérer de la prod, les équipes et tout ça, ou d’être la boss. Que je sois seule ou en collaboration, je chercherai toujours une façon de mettre en scène des histoires, que ce soit sous forme d’installation, de performance, ou de musique. »

Elle expérimentera alors de façon débridée avec la technique – comme les séquenceurs et drum machines qu’elle fera à sa main – mais aussi avec le fond : cours de chant, ateliers de théâtre et de performance, excursions dans l’art visuel et vidéo. Dans le Reginaverse, les disciplines ne se font pas concurrence, elles s’influencent entre elles. Par ailleurs, réciter machinalement une liste de ses influences, un panthéon/feed Instagram perpétuel dans lequel les flyers de soirée 90s et les plantes carnivores côtoient allégrement le design graphique suisse et l’expression populaire des banlieues, ne rendrait service à personne. Les disques à paraître, pour leur part, tenteront de documenter cette vision holistique, mais il y a fort à parier qu’ils ne seront que les premiers d’une longue série.

Et reste-t-il que nous en sommes toujours à nous demander comment elle y arrive. Quelques semaines après notre dernier café, elle s’envolait vers Goa, en Inde, pour participer au festival multidisciplinaire Serendipity Arts Festival. Et à peine avions-nous terminé premier jet de cette bio que nous recevions un mail annonçant une « Bonne nouvelle ! », celle d’une résidence d’un mois au Palais de Tokyo, au cours de laquelle Regina présentera une facette différence de son travail chaque semaine, sous forme de concert-installation qui s’ouvrira aux déambulations du public.

Il faut bien quelqu’un(s) pour donner vie à toutes ces histoires. JFB

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